J’ai essayé… le jeûne intermittent pour une semaine

On mange souvent trop pendant les fêtes et rendus en janvier, avec nos bonnes résolutions de s’entraîner et de mieux manger, on souhaite souvent ardemment perdre du poids. Une nouvelle solution avec de magnifiques promesses de perte de poids : le jeûne intermittent. Mais avant de vous lancer, restez bien confortable dans vos pantoufles et dans vos doudous, parce que j’ai décidé cette semaine de tenter le jeûne intermittent pour vous et de vous partager mon expérience.

Ça sort d’où?

Le jeûne est pratiqué depuis plusieurs centaines d’années dans différentes circonstances : purification, rite religieux, éclaircissement spirituel… On a également vu des activistes se priver de nourriture pour leurs convictions. Cette pratique n’est donc pas nouvelle, mais a énormément gagné en popularité dernièrement.

C’est quoi ?

Un jeûne intermittent consiste à une alternance entre une période de jeûne (aucune nourriture) et une période d’alimentation normale. Cette période peut être dans la même journée ou encore séparée dans la semaine.

Type de jeûne Jour 1 Jour 2 Jour 3
Modifié Ad lib 25 % de l’énergie Ad lib
Alternatif Ad lib Jeûne de 24h Ad lib
ALT (Alimentation Limitée dans le Temps) 16-20h de jeûne et 4-8 h Ad lib 16-20h de jeûne et 4-8 h Ad lib 16-20h de jeûne et 4-8 h Ad lib

La théorie

En jeûnant, on diminue théoriquement la quantité de nourriture qu’on ingère. Ce type de régime (comme tous ceux où il y a une restriction calorique) engendre effectivement une perte de poids selon plusieurs études. Certaines d’entre elles soulignent toutefois que la perte de poids pourrait atteindre un plateau rapidement (environ 6 mois) et qu’une reprise de poids ne serait pas à exclure. Globalement, les effets sur la santé des humains restent à prouver. Étant un sujet qui gagne en popularité, les études menées sur des humains ayant jeûné sont assez récentes et de courte durée, rendant difficile les généralisations à la population générale.

 La pratique

Quel jeûne : 16 h de jeûne, 8 h d’alimentation

Quels jours : Du 17 décembre au 23 décembre (dimanche au samedi)

Mon expérience :

Jour 1 — Dimanche

Pour moi, une journée de fin de semaine comme les autres. Je me lève tard et je n’ai pas nécessairement faim avant le début de l’après-midi. Je n’ai pas du tout eu à me forcer ou à penser au défi. Cette journée était très prometteuse pour le déroulement du reste de la semaine.

Jour 2 — Lundi

Le petit retour à la réalité. Du lundi au vendredi, je suis en stage et je me lève habituellement vers 7 h. Attendre pour moi jusqu’à midi pour manger a été assez pénible la première journée, je n’arrêtais pas de regarder l’heure ! Lorsque l’heure est (enfin) arrivée, j’ai mangé assez vite ce qui a fait que rapidement je n’avais plus du tout faim.

Le reste de la journée, je n’ai pas mangé plus qu’à l’habitude. Cependant, je suis arrivée à la maison vers 18 h 30 ce soir-là et le temps de faire mes choses, il était rendu 19 h et j’ai réalisé qu’il me restait 1 heure pour manger. Je me suis donc stressée à me faire à souper et j’ai, encore une fois, mangé très vite. Je me suis même forcée à manger plus pour éviter d’avoir trop faim en soirée ou le lendemain matin. Après 2 jours, j’avais déjà hâte que la semaine soit terminée !

Jour 3 à 6 — Mardi au vendredi

Le reste de la semaine s’est passé un peu comme le lundi : je regardais souvent l’heure pour savoir quand j’allais ENFIN pouvoir manger et je vivais beaucoup de frustration le soir à devoir regarder l’heure pour arrêter de manger. En plus, mercredi, j’ai dû manger à 11 h (plutôt que 12 h), car j’allais être en déplacement sur l’heure du dîner et je n’allais pas pouvoir dîner à ce moment. Aussi, j’ai eu beaucoup de difficulté à manger mes trois repas en 8 heures. Je suis quelqu’un qui mange souvent de petites quantités, puisque j’ai un petit appétit et donc devoir avaler de grandes quantités d’aliments en peu de temps était vraiment difficile pour moi.

J’ai aussi tenté de manger des aliments avec une plus grande densité énergétique afin de satisfaire mes besoins énergétiques, sans avoir à manger de grosses portions. Cependant, cette stratégie a aussi été difficile pour moi, puisque j’aime beaucoup les fruits et légumes et je ne consomme pas nécessairement d’aliments très gras ou protéinés.

Jour 7 — Samedi

Le dernier jour !

Je pensais que mon samedi allait être facile, mais la veille, je suis rentrée tard, j’avais vraiment faim et j’ai donc mangé vers minuit. Cette petite collation impliquait que je n’allais pouvoir manger qu’à 16 h le samedi. Et ce fut a-t-r-o-c-e.

Ma famille a d’ailleurs été soulagée d’apprendre que mon test se terminait samedi parce qu’ils voyaient bien que je trouvais ça pénible. Une fois 16 h passé, je me suis sentie très heureuse de pouvoir entamer les fêtes sans avoir à me soucier de l’heure que je mange.

En conclusion

Alors, est-ce qu’on jeûne?

Basé uniquement sur mon expérience, je ne le recommande pas. Je n’ai pas écouté mes signaux de faim et de satiété de la semaine et il m’arrivait souvent de ne pas manger alors que mon ventre grondait ou encore de devoir me forcer à manger lorsque je n’avais plus faim. J’ai également vécu beaucoup de frustration à ne pas pouvoir manger quand j’en avais envie ou encore à devoir planifier ma prise alimentaire. Mon rythme de vie et mes habitudes alimentaires ne concordent pas du tout avec les principes de cette alimentation.

En plus, les études actuelles ont énormément de difficulté à évaluer les bienfaits sur la santé et la sécurité de ce type de diète. On ne sait pas non plus quel type de jeûne est à privilégier ni le temps recommandé pour la pratiquer. L’alimentation devrait être quelque chose de plaisant et ce genre de régime peut entraîner une relation très malsaine avec la nourriture.

À la lumière de tout ça, je vous encourage plutôt à vous écouter : mangez lorsque vous avez faim, arrêtez lorsque vous ne l’avez plus. Aussi simple que cela.


Références
Extenso
Horne, B. D., J. B. Muhlestein and J. L. Anderson (2015). « Health effects of intermittent fasting: hormesis or harm? A systematic review. » Am J Clin Nutr 102(2): 464-470.
Headland M, Clifton P, Carter S, Keogh J. Weight-Loss Outcomes: A Systematic Review and Meta-Analysis of Intermittent Energy Restriction Trials Lasting a Minimum of 6 Months. Nutrients. 2016; 8(6):354
Le nutritionniste urbain
L’Université de montréal

 

3 thoughts on “J’ai essayé… le jeûne intermittent pour une semaine

  1. Souvent la faim entraine une frustration.. On s’énerve parce qu’on a faim, on arrive pas se concentrer.. Le fait de jeuner, c’est un bon entrainement pour apprendre à accueillir ses émotions, à ressentir ce que certains ressentent dans le monde, car ils ne peuvent pas manger quand ils le veulent mais seulement quand ils le peuvent. Jeuner n’est pas quelque chose d’agréable sur le moment, mais on en retire des bienfaits morales, une meilleure maitrise de ses émotions et plus de compassion pour les autres.. Merci pour cet article, c’est un sujet qui suscite le débat.

    1. Bonjour Mohamed,
      Je n’ai pas abordé le jeûne dans un aspect spirituel, mais il peut certainement y avoir des bienfaits de ce coter là. J’ai décidé dans cet article de plutôt axer sur les bienfaits physiques du jeûne (perte de poids, diminution des lipides sanguins…), car c’est la raison principale pourquoi les gens décident de tenter l’expérience. Pour ma part, je crois que si on veut perdre du poids, se frustrer et se priver n’est pas la solution.
      Merci pour ton commentaire
      Les Pieds Dans Les Plats – Marjolaine Cadieux, Dt.P.

  2. Bonjour
    je suis Aline de Montréal, vous et moi avons quelque chose en commun, parce que je n’ai jamais été capable de respecter un régime non plus. En fait, je HAIS le mot « régime ».
    Aline .

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