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Les tendances alimentaires à laisser en 2018

J’adore toujours lire les gens qui prévoient les tendances (capillaires, vestimentaires, etc.) de l’année à venir. Pour ma part, j’ai décidé d’y mettre une petite «twist» et de plutôt vous proposer des tendances alimentaires qui devraient rester en 2018.

1.La diète Keto

Si tu ne sais pas c’est quoi, je t’invite à lire mon article sur le sujet ici.

Autrement, la diète keto a fait beaucoup (BEAUCOUP) d’adepte dans les derniers temps, mais on devrait se calmer le pompom. Malheureusement, on en sait toujours pas plus sur les bienfaits de la diète sur la santé à long terme. On voit une multitude de témoignages de gens qui disent que cette alimentation a permit de guérir leur diabète, leur intolérance au gluten (?) et les maux de tête de leur chat, mais sans études scientifiques fiables et de longues durées, les conclusions pour le moment ne sont pas fiables. En plus les gens qui décident de pratiquer cette diète devraient le faire de façon encadrée, ce qui n’est souvent pas le cas : ils s’exposent donc à une consommation accrue de gras de mauvaises qualité et de sel.

On peut-tu arrêter ça en 2019 s’il vous plaît?

2. Les aliments ultras transformés

Les aliments ultras transformés comprennent tous ceux qui comprennent des ingrédients qu’on ne retrouve pas naturellement dans la nature (additifs, colorants, agents de conservation, épaississants artificiels…) et sont très très loin des vrais aliments. On devrait les laisser en 2018 parce que les Canadiens en consomment généralement trop (près de 50% de leurs calories) et qu’ils sont associés à une augmentation du risque de développer des maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, maladies cardiaques…) On essaie donc de consommer des aliments plus entiers (fruits, légumes, légumineuses, grains entiers…).

Bye bye les céréales roses, bonjour les flocons d’avoine!

3. Les diètes extrêmes

Pas manger de carbs pendant 78 jours, boire juste de l’eau de carottes pendant 1 semaine, se nourrir de chou 2 repas par jour… peu importe la diète, est-ce qu’on peut laisser ces mesures extrêmes là en 2018 DE GRÂCE?

Les diètes extrêmes provoquent beaucoup d’effets secondaires autant sur le physique (ralentissement du métabolisme de base, risque de fonte musculaire…) que sur le mental (perte d’estime de soi, sentiment d’impuissance…) et ne sont pas une solution à long terme pour avoir une meilleure santé. Petit truc pour savoir si c’est une diète extrême : on promet une perte de poids et/ou on utilise des suppléments et/ou on coupe 1 ou plusieurs aliments (ou groupes d’aliments) de son alimentation et/ou on ne respecte pas sa faim. On arrête ça et on reprend sa santé en main, de façon DOUCE et PROGRESSIVE.

4. L’utilisation de sources d’informations non fiables

Les internet on s’entend c’est assez incroyable. Cela nous permet de nous connecter avec d’autres gens, ça facilite notre vie et ça nous permet de nous instruire. Même si l’information est disponible, ça ne veut pas nécessairement dire qu’elle est bonne. En 2019, on pourrait donc essayer de trouver des sources d’informations nutritionnelles et alimentaires qui sont fiables.  Pour vous aider dans ce parcours, je vous invite à lire le livre du nutritionniste urbain (ici) qui explique super bien comment bien analyser l’information qu’on observe. Autrement, le gros bon sens est toujours de mise : est-ce une nouvelle sensationnaliste qu’un média de masse tente de pousser pour mousser les clics sur sa publication? Est-ce une nouvelle d’un journal scientifique crédible et reconnu? Est-ce que c’est une personne fiable qui a écrit l’information ou c’est notre cousin Jérémie? C’est la même chose pour la rencontre de pseudo-spécialiste. Est-ce que pour voir notre problème de santé on va voir un professionnel ou non? Le fait d’avoir de bonnes informations nous permet de prendre une décision éclairée et basée sur des évidences. On évite ainsi des problèmes pour sa santé ou de faire des choses qui ne sont pas prouvées efficaces.

5. Le marketing alimentaire

-Les aliments «sans» : Sans gluten, sans sucre ajoutés, sans cholestérol, sans gras trans, sans sel ajouté… Ces aliments utilisent à fond le marketing alimentaire et nos préoccupations pour certains nutriments (sucre, sel, gras…) pour nous inciter à les acheter. Par contre, les aliments avec ces étiquettes peuvent d’une part ne pas contenir naturellement de ces ingrédients (par exemple de la purée de pomme sans cholestérol – elle n’en contient pas à la base) ou ne pas être plus intéressant pour la santé à cause de la mention «sans» (par exemple des chips sans gluten, ça reste des chips). Pour faire les meilleurs choix à l’épicerie, on vise une liste d’ingrédient courte avec des noms qu’on comprend, c’est tout.

-Les supers aliments : Le kale, les baies de goji, la spiruline… les supers aliments on aime ça y croire. C’est le fun de se dire qu’en se bourrant de certains aliments spécifiques on consomme 500% de la valeur quotidienne d’un nutriment, mais on s’entend que c’est du gros n’importe quoi. Oui certains aliments peuvent contenir une proportion plus importante d’un nutriment spécifique, mais ça n’en fait pas un aliment supérieur à un autre. S’alimenter d’une façon optimale c’est consommer une variété d’aliments frais et peu transformés ce qui nous permet d’avoir une multitude de nutriments et pas un seul. Les compagnies alimentaires utilisent toutefois notre intérêt pour ces supers aliments et tentent de nous vendre des produits contenant un faible pourcentage de ceux-ci pour leur offrir un aura santé. Des chips avec 0,5% de poudre de poussière de kale, ça reste des chips. On évite ces pièges !

Le marketing alimentaire est fait pour vendre et non pour notre santé. On tente le plus possible de s’y tenir loin, car ce sont les compagnies alimentaires qui en bénéficient, pas nous.

6. Les commentaires sur l’apparence/le poids

Le fat shamming, le skinny shaming, mentionner que quelqu’un a perdu du poids, se demander pourquoi une autre en a pris… on peut laisser ça en 2018 (même si j’avais aimé laisser ça des années plus tôt, mais je me dis qu’on va l’avoir cette année). J’ai écrit plusieurs articles sur le sujet, mais en gros ces commentaires ne sont jamais pertinents et n’apportent jamais quelque chose de productif à la personne qui le reçoit. Si jamais on pense à un commentaire à dire on se retient et on ne le dit pas, même si on pense que c’est inoffensif : du moment que le commentaire vise l’apparence, c’est non!

7. Les suppléments

J’ai déjà écrit un article (ici) expliquant en longueur mon opinion sur ces produits et *spoiler alert* j’en pense pas beaucoup de positif, alors laissons-les en 2018. Les suppléments (vitamines, minéraux, poudre de protéines, gouttes…) sont d’une part très chers et s’ils ne sont pas prescrits par un médecin, ne devraient pas être utilisés lorsqu’on est en santé. Ces produits contiennent des nutriments qui peuvent facilement être retrouvés dans les aliments complets pour une fraction du prix et certains d’entre eux ont une efficacité qui n’a pas nécessairement été prouvée. Alors, dépenser ses sous durement gagnés sur des produits qui contiennent des composés retrouvés naturellement dans les aliments et dont l’efficacité n’a pas nécessairement été prouvée? No, thank you.

Avez-vous d’autres tendances que vous aimeriez laisser en 2018?

Faites moi en part dans les commentaires

Marjolaine Cadieux, Dt.P., M. Sc (c)


Références
La Presse

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3 Comments

  1. Au même titre que le body shaming, j’aimerais que les gens cessent les commentaires sur ce que les Autres mettent dans leurs assiettes: carnivores, végétariens, flexitariens, poutine-lovers, etc. On peux-tu garder le nez dans notre assiette et laissez les autres vivre leur vie?

    1. Marjolaine Cadieux says:

      Bien d’accord Lucie !

  2. Il est déjà assez difficile de trouver des produits non transformés ou qui ne massacrent pas l’environnement. Pour le reste faites-vous plaisir !!!

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