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Manger équitable : pourquoi, comment?

On s’intéresse surtout en tant que nutritionniste au contenu de l’assiette, mais on se rend compte de plus en plus que ce qui est à l’extérieur compte aussi. D’ailleurs, le nouveau guide alimentaire canadien parle de contexte de repas, de cuisiner en famille, etc. Lorsqu’on pense à l’extérieur de l’assiette on oublie toutefois souvent un élément pourtant très important : la/les personne(s) qui ont cultivé l’aliment que je vais consommer.

ABC du commerce équitable

Le commerce équitable est basé sur 10 principes (photos)

Détails ici

En gros

Le commerce équitable est une façon de faire qui est basé sur des pratiques respectueuses de chaque personne présente dans la chaîne commerciale (du producteur au consommateur) ainsi que de l’environnement.

Ainsi, ce sont non seulement les humains qui sont respectés, formés, payés à leur juste valeur… mais également l’environnement qui est pris en compte. Le but est de s’assurer de la durabilité de la pratique et cela passe donc par la sauvegarde des ressources naturelles : sans celles-ci, le commerçant ne peut pas produire.

Et c’est pertinent?

Acheter des produits équitables c’est :

  • Respecter tous les droits fondamentaux des humains dans la chaîne de production
  • Rémunérer justement les producteurs
  • Préserver l’environnement

Est-ce que ces raisons sont pertinentes pour réfléchir plus à nos pratiques? Selon moi -oui – mais on peut effectivement ne pas être prêt à changer ou trouver que ça semble gros ou compliqué.

C’est compréhensible

Nos achats sont généralement faits de manière routinière et quelqu’un vient nous dire qu’il faudrait changer ces habitudes, faire des recherches, trouver des alternatives, etc.

Intégrer le commerce équitable

Comme n’importe quelle nouvelle habitude qu’on souhaite intégrer, je préconise la TRANSITION plutôt que le tout ou rien. Voici une progression suggérée :

  • Commencer par s’informer : lire sur le sujet (site de Fairtrade ou livre de Catherine Lefebvre) ou encore écouter des documentaires (ex. Rotten sur Netflix)
  • Évaluer ce qu’on consomme et s’il existe une contre parti équitable : liste ici
  • Évaluer quels aliments/produits non-équitables peuvent facilement être substitués par l’aliment/produit équitable puis faire le changement
  • Ré-évaluer périodiquement si les aliments/produits non-équitables restant peuvent être substitués par leur contreparti équitable et faire le changement

Ce que j’aime de cette progression c’est qu’elle est respectueuse de la réalité de tous, elle n’impose pas de produits à substituer ou de temps. En plus, même si pour l’instant ce qui est facile pour nous est de substituer la banane pour sa version équitable, c’est DÉJÀ ÇA. Lorsqu’on ré-évaluera nos habitudes, on pourra déterminer si on est prêt à faire la modification pour un autre produit équitable en respectant notre rythme.

Aussi

Et parce que c’est une pensée que j’avais et que j’entretenais : il est important de comprendre que le produit équitable n’est PAS nécessairement plus cher.

En réduisant les intermédiaires entre le producteur et le consommateur, les produits peuvent être vendus à des prix comparables aux autres. Il faut également se rappeler que SI un item est plus cher, c’est que la personne qui a produit notre aliment/autre est payé justement et qu’avant nous ne payions tout simplement pas suffisamment pour ce que nous achetions.

Par exemple

La barre de chocolat Camino qui est équitable se détaille 4.40$/100 g à la MEC alors que la barre Lindt se détaille 4.19$/100g au IGA. Une différence de 0.21$ qui ne fait pas un grand impact pour nous, mais qui permet au producteur d’être payé justement.

Le commerce équitable

existe depuis longtemps. Pour ma part c’est récent que j’en entends parler et je trouve PRIMORDIAL d’utiliser ma tribune pour sensibiliser les autres à cet enjeu. Le but n’est pas de se culpabiliser ou de se pointer du doigt, mais plutôt de nous permettre de réaliser que certaines pratiques n’étaient peut-être pas  »top » et qu’on peut – en respectant son rythme – changer pour quelque chose de mieux. Selon notre style de vie, notre lieu de résidence, nos habitudes, notre intérêt, etc. peut-être que certains changements seront plus difficiles que d’autres, mais il faut se rappeler que chacun d’eux compte et qu’on ne vise pas la perfection.

Marjolaine Cadieux, Dt.P, M.Sc

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